Lorsque l'on lance son activité, le choix des locaux est une étape importante. Faut-il louer un local commercial ? Un bureau ? Peut-on simplement exercer depuis son domicile ? Et dans ce cas, quelles sont les règles à respecter, notamment si l'on reçoit des clients ?
Le type de bail dépend avant tout de votre activité, de l'usage des locaux et des conditions prévues par le propriétaire ou la copropriété. Voici un guide pour y voir plus clair.
De nombreux indépendants, freelances et créateurs d'entreprise démarrent leur activité à domicile. Dans de nombreux cas, cela est parfaitement possible.
Vous pouvez généralement utiliser votre logement comme adresse professionnelle pour y exercer une activité administrative, de conseil ou de télétravail, à condition de respecter plusieurs règles :
→ le bail d'habitation ou le règlement de copropriété ne doit pas l'interdire ;
→ l'activité ne doit pas créer de nuisances pour le voisinage ;
→ le logement doit conserver sa destination principale d'habitation.
Si votre activité consiste principalement à travailler sur ordinateur, à réaliser des prestations à distance ou à gérer votre entreprise sans recevoir de clients, les démarches sont généralement limitées.
C'est le cas par exemple pour :
→ un consultant ;
→ un développeur informatique ;
→ un graphiste ;
→ un rédacteur web ;
→ un comptable indépendant.
Le logement reste avant tout un lieu d'habitation et l'activité professionnelle n'entraîne pas de changement d'usage.
La situation change lorsque vous recevez régulièrement des clients, des patients, des élèves ou des fournisseurs à votre domicile.
Selon votre commune, le type de logement et votre statut (locataire ou propriétaire), plusieurs obligations peuvent s'appliquer :
→ obtenir l'accord du propriétaire si le bail le prévoit ;
→ respecter le règlement de copropriété ;
→ demander une autorisation de changement d'usage dans certaines grandes villes ;
→ vérifier les règles d'accessibilité ou de sécurité lorsque l'accueil du public devient significatif.
Quelques exemples d'activités concernées :
→ coach sportif ou de vie recevant des rendez-vous ;
→ psychologue ;
→ esthéticienne à domicile ;
→ professeur particulier ;
→ praticien en bien-être.
Avant de recevoir du public chez vous, il est donc conseillé de vérifier que votre situation est conforme à la réglementation.
Le bail professionnel est destiné principalement aux professions libérales réglementées ou non réglementées.
Il concerne par exemple :
→ les avocats ;
→ les architectes ;
→ les médecins ;
→ les consultants ;
→ les experts-comptables.
Ses principales caractéristiques sont :
→ une durée minimale de six ans ;
→ davantage de souplesse qu'un bail commercial ;
→ des règles plus simples concernant le renouvellement.
Il est particulièrement adapté lorsque les locaux servent essentiellement de bureaux ou de cabinet.
Le bail commercial est le contrat le plus connu des entrepreneurs qui exploitent un commerce ou accueillent une clientèle dans un local dédié.
Il s'adresse notamment :
→ aux commerces ;
→ aux restaurants ;
→ aux artisans ;
→ aux salons de coiffure ;
→ aux boutiques ;
→ à certaines entreprises de services.
Son principal avantage est d'offrir une forte protection au locataire grâce au droit au renouvellement du bail.
On parle souvent du "bail 3-6-9", car il est conclu pour une durée minimale de neuf ans avec la possibilité, pour le locataire, de quitter les lieux tous les trois ans sous certaines conditions.
Le choix dépend principalement de quatre critères.
Le bon contrat dépend avant tout de votre manière d'exercer votre activité.
→ Vous travaillez seul, sans recevoir de clients ? L'exercice à domicile est souvent possible avec un simple bail d'habitation, sous réserve des règles applicables.
→ Vous exercez une profession libérale dans un cabinet ? Le bail professionnel constitue généralement la solution la plus adaptée.
→ Vous exploitez un commerce ou accueillez une clientèle dans un local dédié ? Le bail commercial est le contrat de référence.
Prendre le temps de choisir le bon bail permet d'éviter de nombreuses difficultés juridiques, administratives ou financières. En cas de doute, il est recommandé de se faire accompagner avant la signature du contrat afin de sécuriser son projet d'installation.