Chaque année, c’est le même rituel qui donne des sueurs froides : la réception de l'alerte pour la déclaration de revenus. Si vous êtes en libéral, la fameuse déclaration 2042-C-PRO est votre passage obligé. Mais cette année, l'exercice est pimenté par une nouveauté majeure : la nouvelle assiette de calcul des cotisations sociales, appelée "revenu brut social".
Pourquoi ce sujet fait-il couler autant d'encre ?
Chez Jungloo, on a décidé de décortiquer tout ça pour vous.
👉 L'objectif est simple : vous éviter les erreurs coûteuses et vous aider à anticiper votre trésorerie.
La plupart des indépendants voient les cotisations sociales comme une boîte noire. Pour y voir plus clair, il faut distinguer deux types de prélèvements :
Jusqu’à présent, le calcul était un casse-tête avec deux bases différentes. La réforme simplifie la donne avec une assiette unique, mais surtout, elle change la répartition.
👉 Le but de la réforme : Diminuer la part de CSG/CRDS (non contributive) pour augmenter la part dédiée à la santé et à la retraite (contributive).
C’est donc, sur le papier, une réforme en votre faveur pour vos droits futurs.
Désormais, l'assiette prend en compte :
Résultat + Cotisations facultatives (Madelin/PER) + Cotisations obligatoires + CSG déductible et certains abattements ou certaines exonérations fiscales.
Le tout bénéficie d'un abattement forfaitaire de 26 % appliqué par l'Urssaf pour compenser l'intégration des cotisations dans la base.
❌ Note : Cette réforme ne concerne pas les artistes-auteurs, ni les auto-entrepreneurs.
Si vous êtes sous le régime micro, votre mot d'ordre est Recettes Brutes.
L'administration fiscale se charge du reste.
→ Volet Fiscal : Reportez vos recettes imposables dans les cases 5HQ (déclarant 1) ou 5IQ (déclarant 2). Ne déduisez rien ! L’abattement forfaitaire de 34 % pour frais professionnels sera appliqué automatiquement par les impôts.
→ Zones spécifiques : Si vous bénéficiez d'exonérations (ZFU), indiquez la part exonérée (après abattement de 34 %) en cases 5H ou 5IP. Pour les zones déficitaires en offre de soins, utilisez les cases DSFA ou DSFB.
→ Volet Social : Pour les praticiens auxiliaires médicaux, indiquez vos recettes en cases DSCS/DSDS. Le reste sera pré-rempli via votre SNIR. Pensez simplement à vérifier votre ratio de part conventionnée (si 100 % conventionné, notez "1").
C’est ici que les choses se corsent. Le volet social est désormais intimement lié à votre déclaration 2035.
La grande nouveauté est l'apparition du Cadre 8 sur la 2035, qui remonte directement dans votre déclaration personnelle 2042.
La case la plus importante pour le futur calcul des cotisations sociales est la DSDE (ou DSDF). C'est elle qui détermine votre assiette sociale unique.
📣 Attention : Cette case prend en compte votre résultat, vos cotisations Madelin, vos cotisations obligatoires et votre CSG déductible (et d’éventuel(le)s exonérations ou abattements indiqués sur votre déclaration 2035).
C’est sur ce montant global que l’Urssaf appliquera l’abattement de 26 %. Une erreur ici faussera tous vos appels de cotisations futurs.
→ Indemnités journalières : Reportez celles de la CAF ou d’un contrat Madelin en DSCZ/DSDZ et celles de la CPAM en DSDX/DSDY.
→ Chèques vacances : À noter en case DSCN/DSDN (plus de détail ici)
→ PEE et plus-values : Ne pas oublier les cases dédiées (DSQA/DSQB et DSUA/DSUB) pour éviter les décalages de calcul.
Il est encore tôt pour tirer des conclusions définitives, mais les premières tendances se dessinent :
Micro-BNC : Ils semblent globalement gagnants, sur ce régime, grâce à une baisse de la CSG/CRDS par rapport aux années précédentes
Régime Réel : Un peu de patience est nécessaire. Il faudra attendre un cycle complet pour mesurer l'impact réel sur le montant total des prélèvements.
📌 Ce qu'il faut retenir, c'est que la pression sociale reste stable : un professionnel libéral paie en moyenne entre 25 % et 35 % de cotisations sociales sur son résultat.
Le calcul des impôts est une chose, mais la gestion de la trésorerie en est une autre.
Voici deux points de vigilance pour 2026 :
L'effet de rattrapage :
Si votre revenu en 2025 a été nettement supérieur à celui de 2024, l'Urssaf va procéder à une régularisation massive au deuxième semestre 2026. Anticipez dès maintenant !
Le piège de la deuxième année :
Si 2025 était votre année de lancement, vous avez sans doute payé peu de cotisations. Attention, le "coup de massue" de la régularisation arrive souvent en deuxième année d'activité. Gardez précieusement de la trésorerie de côté pour la fin d'année 2026.
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