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PER pour les libéraux : avantages fiscaux, pièges et stratégie en 2026

15 mai 2026

Quand on est médecin, avocat, architecte, consultant ou kiné, la retraite est souvent le dernier sujet sur lequel on s'attarde. On gère l'urgence du quotidien, les clients, les charges, la trésorerie, et on reporte à plus tard ce qui semble encore lointain.

Sauf que "plus tard" arrive. Et il arrive souvent plus tôt qu'on ne le croit, avec une réalité chiffrée qui mérite d'être posée clairement : les travailleurs indépendants perçoivent en moyenne entre 10 et 15 % de moins en pension retraite que la moyenne des salariés.

La pension moyenne en France est de 1 530 € brut par mois, mais seulement 1 150 € pour les indépendants.

Ce n'est pas une fatalité, c'est une conséquence mécanique d'un régime obligatoire structurellement moins généreux que celui des salariés, que l'on peut anticiper et corriger.

C'est là qu'intervient le Plan d'Épargne Retraite Individuel, le PERin.

Souvent présenté comme un simple "produit retraite", il est en réalité un outil fiscal particulièrement puissant pour les professions libérales, à condition de comprendre comment il fonctionne réellement,.

Le PER, en deux mots

Le PER est un produit d'épargne à long terme : vous versez pendant votre vie active, l'argent est investi, et vous le récupérez au moment de la retraite — en capital, en rente, ou un mélange des deux.

Depuis la loi PACTE, il remplace les anciens dispositifs comme le PERP et le contrat Madelin, tout en conservant leurs avantages fiscaux, avec une flexibilité accrue.

Il en existe trois formes : le PER individuel (PERin), le PER collectif et le PER obligatoire.

👉 Pour les professions libérales, c'est le PERin qui est pertinent.

Pourquoi le PER est particulièrement intéressant pour les libéraux

Un plafond de déduction sans commune mesure avec celui d'un salarié

C'est le point central, et il est souvent mal connu.

Pour un salarié,  le plafond de déduction fiscale correspond au montant le plus élevé entre :
- 10% du PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale) de l'année N-1,
- 10% de vos revenus professionnels sur l’année N-1, dans la limite de 8 fois 10% du PASS.
📌 En 2026, ce plafond peut aller jusqu’à 37 680 €.

Pour un Travailleur Non Salarié (TNS) ou une profession libérale, la logique est différente.

Le plafond se calcule en prenant le montant le plus élevé entre :
- 10% du PASS de l’année N,
- 10% du bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) + 15% du bénéfice imposable compris entre 1 et 8 PASS.
📌 En 2026, ce plafond peut atteindre 88 911 €.

Concrètement, pour 100 000 € de bénéfice imposable en BNC, un libéral peut déduire jusqu'à 17 935 € de versements PER. Cela représente une économie d'impôt pouvant atteindre 7 353 € à un Taux Marginal d'Imposition (TMI) de 41 %.

Pour un salarié à revenus équivalents, le plafond s'arrête à 10 000 €, soit une économie d'impôt de 4 100 €.

👉 L'écart est de près de 3 250 € d'impôt économisé, à revenus identiques. C'est une différence structurelle, pas un détail.

Un outil taillé pour les revenus irréguliers

Les revenus des professions libérales fluctuent — certaines années sont exceptionnelles, d'autres plus creuses.  Le PER permet justement d’adapter son effort d’épargne à cette réalité.

Vous pouvez augmenter fortement vos versements lors d’une excellente année afin de réduire immédiatement votre revenu imposable, puis ralentir les années suivantes si votre activité marque le pas. Cette souplesse est particulièrement utile pour lisser la pression fiscale dans le temps.

Autre avantage souvent sous-estimé : les plafonds de déduction non utilisés sont reportables pendant trois ans. Autrement dit, si vous n’avez pas utilisé tout votre disponible fiscal lors d’une année creuse, vous pourrez le mobiliser plus tard lors d’une année exceptionnellement rentable.

Le PER devient alors non seulement un outil d’épargne retraite, mais aussi un véritable mécanisme de pilotage fiscal pour les professions libérales aux revenus variables.

L'héritage de la loi Madelin

Avant le PER, les TNS disposaient du contrat Madelin pour préparer leur retraite avec un avantage fiscal.

Ce contrat n'est plus commercialisé depuis octobre 2020, mais ceux qui en possèdent encore peuvent — et ont souvent intérêt à — le transférer vers un PER.

Les contrats Madelin sont moins flexibles que le PER : ils imposent une sortie obligatoire en rente, avec des versements minimums contraignants. Un transfert vers un PER permet de récupérer de la souplesse tout en conservant les droits acquis.

👉 Si vous avez un ancien Madelin qui dort, c'est un point à regarder avec attention.

Les limites à ne pas sous-estimer

Comme tout placement, le PER n’est pas parfait. Voici les principales limites à connaître.

Une épargne orientée long terme, mais pas hermétiquement fermée

Le PER est conçu pour préparer la retraite sur la durée, et les sommes versées ne sont en principe pas disponibles avant le départ en retraite.

Mais il serait inexact de le présenter comme un coffre-fort verrouillé : plusieurs cas de déblocage anticipé existent.

Le plus courant, et souvent méconnu, est l'achat de la résidence principale, ce qui en fait, pour beaucoup de libéraux, un outil qui peut servir aussi un projet de vie avant la retraite.

D'autres situations ouvrent également à un déblocage : invalidité grave, expiration des droits au chômage, surendettement ou accidents de la vie.

Cela dit, le fait de pouvoir débloquer son PER ne signifie pas que c'est toujours la meilleure stratégie. Retirer son capital avant la retraite, c'est aussi renoncer à une partie de l'avantage fiscal et à des années de capitalisation.

La vraie précaution à prendre, c'est de ne pas y verser l'argent dont vous pourriez avoir besoin à court terme : gardez une poche d'épargne disponible (Livret A, compte à terme) pour les imprévus, et alimentez le PER avec ce qui relève vraiment de votre horizon long terme.

La fiscalité à la sortie : une contrepartie, pas un piège

L'avantage fiscal à l'entrée n'est pas gratuit, il est différé. Au moment de la retraite, les sommes retirées seront imposées.

En sortie en capital, la part correspondant aux versements déduits est soumise au barème de l'impôt sur le revenu, tandis que les plus-values sont taxées au Prélèvement Forfaitaire Unique de 31,4 %.

En rente, celle-ci est imposée comme une pension classique, après abattement de 10 % (dans la limite d’un certain plafond) plus les prélèvements sociaux.

Cela ne remet pas en cause l'intérêt du PER, mais ça change la façon de l'utiliser.

L'hypothèse de travail, souvent juste pour les libéraux à revenus élevés, est la suivante : éviter de payer des impôts aujourd'hui à un TMI de 41 % ou 45 %, pour en payer à la retraite à un taux probablement plus faible. C'est un arbitrage temporel avantageux, à condition que la tranche marginale à la retraite soit effectivement inférieure à celle pendant l'activité.

👉 Ce n'est pas toujours le cas, notamment si vous continuez à percevoir des revenus importants (loyers, rentes, dividendes).

Les frais, variable souvent négligée

Un PER peu compétitif peut effacer une partie de l'avantage fiscal sur le long terme. Les frais sur versements, les frais de gestion annuels, les frais d'arbitrage et de transfert varient significativement d'un contrat à l'autre.

C'est un critère à comparer avant de souscrire, pas après.

 

Comment bien choisir son PER en tant que libéral

Quatre critères méritent une attention particulière.

Les frais d'abord, puisqu'ils impactent directement la performance sur 20 ou 30 ans.

La qualité et la diversité des supports ensuite — un bon PER doit proposer à minima un bon fonds en euros (pour la sécurité) et des unités de compte (actions, obligations, immobilier) pour dynamiser l'épargne sur le long terme.

La gestion pilotée est un critère sous-estimé : votre contrat doit proposer des arbitrages automatiques qui sécurisent progressivement l'épargne à l'approche de la retraite, avec des niveaux de sophistication très variables.

Enfin, les performances historiques, même si elles ne garantissent rien, restent un indicateur utile de la qualité du contrat et de la gestion.

Intégrer le PER dans une stratégie patrimoniale globale

  

Le PER ne doit pas être un réflexe isolé. Il s'inscrit dans un ensemble, et chaque produit a un rôle distinct à jouer selon votre situation, votre horizon et vos objectifs. Le tableau ci-dessus résume les grandes différences entre les quatre principaux outils d'épargne à connaître en tant que libéral.

La lecture de ce comparatif illustre bien pourquoi le PER occupe une place à part pour les TNS : aucun autre produit ne permet une déduction fiscale aussi puissante à l'entrée.

Mais son efficacité dépend de la façon dont on l'utilise : en calibrant les versements sur votre bénéfice réel de l'année, en exploitant les reports de plafonds les années exceptionnelles, et en ne l'alimentant qu'avec l'épargne que vous n'aurez pas besoin de toucher avant la retraite.

🔗 Pour estimer l'impact d'un PER sur votre situation fiscale, Gedeon propose un simulateur gratuit adapté aux TNS : simulateur Gedeon.

Gedeon : le PER pensé pour les indépendants

Ouvrir un PER, c'est bien.

L'ouvrir avec le bon partenaire, c'est mieux, surtout quand on est libéral et qu'on n'a ni le temps ni l'envie de se battre avec des formulaires papier ou d'attendre trois semaines qu'un conseiller rappelle.

Gedeon est une solution 100 % digitale, conçue pour rendre la retraite claire et accessible.

La souscription se fait entièrement en ligne, en quelques minutes. L'équipe est réactive et disponible — pas de délai interminable comme avec les acteurs traditionnels, et une gestion internalisée qui vous évite d'être ballotté entre plusieurs interlocuteurs.

Côté performance, le fonds euros Gedeon a délivré 4% de rendement en 2025*, ce qui le positionne parmi les meilleurs du marché sur ce segment*.

Et si l'aspect éthique de vos placements compte pour vous, Gedeon propose une option d'épargne responsable pour investir en cohérence avec vos valeurs.

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Et côté comptabilité ?

Si vous exercez en BNC au réel, la question de l'enregistrement comptable des versements PER se pose naturellement.

La solution Jungloo, conçue spécifiquement pour les indépendants BNC, catégorise automatiquement vos paiements PER et intègre le calcul des avantages fiscaux dans vos liasses fiscales en fin d'exercice, sans que vous ayez à vous en préoccuper.

 


Le PER est un outil fiscal puissant pour les professions libérales, bien plus que pour les salariés, grâce à des plafonds de déduction jusqu'à 2,3 fois supérieurs.

Mais son efficacité dépend de la façon dont on l'utilise : en connaissant ses propres plafonds, en calibrant les versements sur ses revenus réels, en vérifiant les frais du contrat, et en l'intégrant dans une vision patrimoniale d'ensemble.

Bien utilisé, il permet à la fois de réduire significativement sa facture fiscale aujourd'hui et de construire un capital retraite solide sur le long terme. Deux objectifs qui, pour une fois, vont dans le même sens.

Pour préparer votre retraite, demandez conseil à Gedeon !

 

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