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Rupture conventionnelle : combien de temps peut-on toucher le chômage en 2026 ?

13 octobre 2026
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La rupture conventionnelle permet à un salarié et à son employeur de mettre fin au contrat de travail d’un commun accord. Elle peut notamment permettre au salarié de bénéficier de l’allocation chômage, sous réserve de remplir les conditions d'ouverture des droits.

Mais les règles d'indemnisation du chômage évoluent. Depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale d'indemnisation est notamment réduite pour les personnes qui quittent leur emploi dans le cadre d'une rupture conventionnelle individuelle.

Alors, combien de temps peut-on réellement toucher le chômage après une rupture conventionnelle ? Et quelles solutions envisager pour profiter de cette période pour se former ou se reconvertir ?

Rupture conventionnelle et chômage : quels droits en 2026 ?

La rupture conventionnelle individuelle ouvre, en principe, la possibilité de bénéficier de l'Allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE).

C'est une différence importante avec une démission classique : le salarié peut avoir droit au chômage même lorsqu'il est à l'origine de la demande de rupture conventionnelle, à condition de remplir les autres conditions prévues pour bénéficier de l'assurance chômage.

La durée d'indemnisation dépend notamment de l'âge du demandeur et de son parcours professionnel. Mais depuis le 1er septembre 2026, une règle spécifique s'applique aux ruptures conventionnelles individuelles.

Combien de mois de chômage après une rupture conventionnelle ?

Pour les fins de contrat résultant d'une rupture conventionnelle individuelle dont la date est fixée à compter du 1er septembre 2026 :

 → moins de 55 ans : jusqu'à 15 mois d'indemnisation maximum ;
 → 55 ans et plus : jusqu'à 20,5 mois maximum.

Dans les DROM-COM, les durées maximales sont différentes.

Les personnes âgées de 55 ans et plus peuvent par ailleurs, dans certaines situations, solliciter une prolongation de leur indemnisation. Cette possibilité fait l'objet d'un examen spécifique par France Travail.

Il faut donc distinguer deux choses : avoir droit au chômage et connaître la durée exacte pendant laquelle l'allocation sera versée. La durée maximale ne signifie pas nécessairement que chaque personne bénéficiera automatiquement de cette durée.

Pourquoi la durée du chômage est-elle différente selon les situations ?

La durée d'indemnisation de l'ARE est calculée à partir de l'activité professionnelle prise en compte sur une période de référence. Elle varie notamment selon l'âge du demandeur.

Les règles générales prévoient également un mécanisme qui réduit la durée calculée dans certaines situations.
La réforme entrée en vigueur le 1er septembre 2026 ajoute donc une règle spécifique aux ruptures conventionnelles individuelles.

Attention : la date de fin du contrat est importante. Les nouvelles règles concernent les nouvelles ouvertures de droits ou les rechargements consécutifs à une rupture conventionnelle individuelle dont la date de fin de contrat est fixée à compter du 1er septembre 2026.

Rupture conventionnelle : le chômage ne commence pas dès le lendemain

Autre point souvent méconnu : la fin du contrat ne signifie pas nécessairement que le premier paiement de France Travail intervient immédiatement. Plusieurs délais peuvent s'appliquer.

Le différé lié aux indemnités de rupture

Lorsqu'un salarié reçoit des indemnités supérieures au minimum prévu par la loi, une partie de ces sommes peut entraîner un différé d'indemnisation.

En 2026, le calcul repose notamment sur un montant de référence fixé à 111,80 €. Ce différé est plafonné à 150 jours dans le cas général.

Le différé lié aux congés payés

Si des congés payés n'ont pas été pris avant la fin du contrat et donnent lieu au versement d'une indemnité compensatrice, un autre différé peut s'appliquer.

Il est calculé en fonction de l'indemnité reçue et du salaire journalier de référence.

Le délai d'attente de 7 jours

Enfin, un délai d'attente de 7 jours peut s'appliquer.

Ces différents délais peuvent se cumuler lorsque les conditions sont réunies.

À retenir : ces différés retardent le début du versement de l'allocation. Ils ne réduisent pas la durée des droits à l'indemnisation.

Après une rupture conventionnelle, faut-il forcément rechercher immédiatement un nouvel emploi ?

Pas nécessairement.

Une période de chômage peut aussi être l'occasion de faire le point sur son parcours professionnel et de préparer la suite.

Avant de se lancer dans une nouvelle recherche d'emploi, certains salariés peuvent avoir intérêt à :
 → faire un bilan de compétences ;
 → identifier les compétences qu'ils peuvent transférer vers un autre métier ;
 → suivre une formation ;
 → préparer une reconversion professionnelle ;
 → créer ou reprendre une entreprise ;
 → rechercher un emploi dans un secteur différent.

France Travail propose différents dispositifs d'accompagnement pour aider les demandeurs d'emploi à construire leur projet. D'autres organismes partenaires peuvent être associés à votre projet. 

Profiter du chômage pour se former

Une période de chômage peut être compatible avec un projet de formation.

Selon la situation et la formation envisagée, l'ARE peut notamment être maintenue pendant une formation éligible. Des possibilités de financement peuvent également exister lorsque les droits disponibles sur le CPF ne suffisent pas à financer le projet.

Il est donc préférable de parler de son projet avec France Travail avant de commencer une formation, afin de vérifier les conditions applicables.

Le Compte personnel de formation (CPF) peut également participer au financement de certaines formations.
L'objectif est de ne pas attendre la fin des droits au chômage pour réfléchir à son avenir professionnel.

Et si vous changiez complètement de métier ?

La reconversion professionnelle est devenue une option de plus en plus courante.

Elle peut prendre différentes formes : changement de secteur, acquisition de nouvelles compétences, formation à un métier différent ou encore création d'entreprise.

Le Conseil en évolution professionnelle (CEP) constitue notamment un accompagnement gratuit qui permet de faire le point sur sa situation et de construire un projet professionnel.

Le CEP peut être sollicité avant même la fin du contrat de travail.

Peut-on démissionner pour se reconvertir et toucher le chômage ?

Dans certains cas, oui.

Depuis 2019, un salarié en CDI peut bénéficier de l'assurance chômage après une démission lorsqu'il porte un projet de reconversion professionnelle répondant aux conditions du dispositif : attention, les démarches doivent être réalisées avant la démission.

Le salarié doit notamment justifier d'une durée d'activité salariée suffisante, avoir un projet réel et sérieux et suivre les étapes prévues, notamment avec le Conseil en évolution professionnelle et la validation du projet.

Il ne faut donc pas démissionner en pensant que le chômage sera automatiquement accordé ensuite.

Lorsque vous démissionnez pour reprendre une activité indépendante par exemple, vous pouvez toucher une indemnité de reprise, ainsi que des aides de la CCI ou autres organismes.

Rupture conventionnelle, licenciement ou démission : quelles différences ?

Toutes les fins de contrat ne produisent pas les mêmes conséquences.

La rupture conventionnelle

Elle repose sur un accord entre l'employeur et le salarié.

Elle peut permettre l'ouverture de droits au chômage si les conditions sont remplies. Elle donne également lieu au versement d'une indemnité spécifique de rupture conventionnelle.

Le licenciement

Le licenciement est une rupture décidée par l'employeur.

Lorsqu'il remplit les conditions d'ouverture des droits, le salarié peut bénéficier de l'assurance chômage. Les conséquences peuvent toutefois varier selon le motif du licenciement.

La démission

La démission ne permet généralement pas de bénéficier immédiatement de l'allocation chômage.

Il existe cependant plusieurs exceptions, notamment certaines démissions considérées comme légitimes et le dispositif spécifique permettant de démissionner pour mener à bien un projet de reconversion professionnelle.

La situation doit donc être vérifiée avant de quitter son emploi.

Une fin de contrat peut aussi être le début d'un nouveau projet

Une rupture conventionnelle est souvent envisagée comme une manière de quitter une entreprise dans de bonnes conditions.

Mais elle peut aussi constituer un moment de transition professionnelle.

Avant de signer une rupture conventionnelle, il peut être utile de se poser quelques questions :
→  Quel sera le montant de mon indemnité ?
→  À quelle date mon contrat prendra-t-il réellement fin ?
→  Quand pourrai-je commencer à percevoir l'allocation chômage ?
→  Quelle sera la durée prévisionnelle de mes droits ?
→  Ai-je un projet de formation ou de reconversion ?
→  Puis-je utiliser mon CPF ?
→  Quels dispositifs d'accompagnement sont adaptés à ma situation ?

Anticiper ces questions permet d'éviter de se retrouver sans visibilité quelques semaines après la fin du contrat.

 


Ce qu’il faut retenir, c’est que depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale d'indemnisation chômage est spécifique aux personnes dont le contrat prend fin à la suite d'une rupture conventionnelle individuelle :
→  15 mois maximum pour les moins de 55 ans ;
→  20,5 mois maximum pour les 55 ans et plus, avec certaines possibilités de prolongation selon la situation.

La durée réellement accordée dépend toutefois du parcours professionnel et des règles applicables au dossier.

La rupture conventionnelle n'est par ailleurs pas la seule solution pour changer de situation professionnelle.

Formation, reconversion, bilan de compétences, accompagnement par France Travail ou encore projet de création d'entreprise peuvent permettre de transformer une période de transition en véritable nouveau départ.

Avant de prendre une décision concernant son contrat de travail, il est recommandé de vérifier sa situation personnelle auprès de France Travail et, si nécessaire, auprès d'un professionnel du droit du travail.